J’ai rencontré Séverine au Centre Léon Bérard, après le spectacle de Sarah Peb “K surprise”. Elle avait passé une super mais dense journée sur le 1er salon des K-fighteuses, qu’elle avait organisé depuis des mois.
Nous nous sommes rappelées ensuite pour papoter tranquillement autour d’un déjeuner, un beau jour ensoleillé de mai.
Comme à chaque rencontre avec une acolyte k-fighteuse, nous partageons des rires, des émotions, des confidences,… un climat bienveillant et convivial règne !

Le cancer est entré dans la vie de Séverine en octobre 2016. En décembre, elle commence la chimiothérapie, qui se termine en mai 2017.
En juin 2017, elle est opérée pour une mastectomie et curage ganglionnaire. La radiothérapie prend le relais en août 2017. En octobre 2017 , elle commence l’hormonothérapie, qui va durer 5 ans. Elle est en attente de la reconstruction mammaire qui est programmée à la rentrée 2018.
Je lui ai posé des questions sur son afterk et.. j’avoue que je suis très contente qu’elle habite près de Lyon car j’espère bien la revoir !

 

Céline : Pour toi, quand commence “l’après cancer” ?
Séverine : La fin des rayons a été une 1ère étape. Pendant mes traitements, c’est comme si mon cerveau était déconnecté. A la fin des rayons, j’ai eu l’impression qu’il s’est reconnecté.
Mais pour moi, ce sera vraiment fini qu’après mon opération de reconstruction. Là, je pourrai souffler et passer à autre chose.
Aujourd’hui, j’ai l’impression d’être dans un entre-deux.
C’est comme un livre dont les pages se tournent. J’ai déjà tourné les pages “chimiothérapie” et “rayons”. Avec l’opération, ce sera la page « reconstruction ».

 

Comment ton entourage vit-il “l’après cancer” ?
J’ai été très entourée pendant mes soins. J’ai toujours eu une vie sociale très animée, alors je ne me sens pas isolée, mais on me demande moins de nouvelles maintenant. J’ai l’impression que mes copines ne sont pas à l’aise. Si je leur parle du cancer, elles vont en parler. Sinon, elles n’en parlent pas. Certaines personnes changent de sujet.
Mon entourage me dit : “Mais c’est bon, tes cheveux ont repoussé, maintenant c’est derrière toi.” Mes proches ne me voient plus malade, mais j’ai envie de leur dire : “N’oubliez pas que les traitements, ça détruit tout et que le corps ne se remet pas comme ça”.

J’en parle beaucoup plus facilement avec les k-fighteuses. Si je n’avais pas mon asso, ma page Facebook, les autres filles, je ne serai pas aussi bien.
Comme je suis active, je me suis crée ce dont j’avais besoin. Je suis contente d’avoir les k-fighteuses pour discuter. Pour moi, c’est primordial.

 

Comment vois-tu ton avenir, à court, moyen, long terme ?
Différent ! J’ai envie de profiter de la vie, Je ne fais pas de plan sur la comète à 10 ans. J’ai des projets sur le court et moyen terme et je veux laisser faire la vie, je veux faire confiance à la vie.
Je sais aussi ce que je ne veux plus. Ne pas me prendre la tête avec des conneries. Je ne veux plus faire mon métier d’assistante sociale en psychiatrie.

J’ose des choses que je n’aurais pas tenté avant. J’ose oser. Comme l’organisation du salon des K-fighteuses. Je n’aurais jamais imaginé faire ça avant !
J’ai beaucoup plus confiance en moi.

J’ai aussi envie de continuer avec mon asso à accompagner “l’après”, de manière collective. J’ai envie de continuer de parler du cancer pour faire tomber les tabous.
Pour l’instant, je ne me sens pas d’accompagner les personnes qui sont encore en soins. c’est trop lourd, ça me rappelle trop ce que j’ai traversé.

J’aimerais faire un autre boulot, mais je souhaite trouver “quoi”.

 

As-tu un message à faire passer à ceux qui sont encore en traitement ?
Ne lâchez rien ! Never give up ! Faites vous confiance.
On n’est pas obligés d’être forts tout le temps. On a droit à des moments où l’on craque, où l’on pleure. Ne restez pas seuls. N’hésitez pas à participer à des groupes de parole.

 

As-tu un message à faire passer à ceux qui sont dans “l’après” ?
Chacun a sa façon de tirer quelque chose de positif de la maladie, qui va lui servir après. Ce n’est pas parce que tu n’as pas un blog ou une entreprise que ce n’est pas bien. La résilience ne passe pas toujours par ça.
Il y a aussi manger mieux, prendre soin de soi, etc…

Ne culpabilisez pas d’en parler encore. On a le droit d’en parler même quand c’est fini. Ne vous interdisez pas de continuer à en parler. Vivez à 200% et évitez de penser à la récidive. Et puis… osez !

 

Merci Séverine pour cette interview et ce chouette déjeuner passé ensemble !

Pour en savoir plus sur l’association Dégom’crab, dont Séverine est la présidente fondatrice, cliquer sur le logo : 

Séverine a aussi ouvert un blog : www.lecoindeskfighteuses.com

 

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