J’ai été doublement chanceuse : j’ai survécu au cancer, mon couple aussi.

« Ah ! Il est resté ! Super ! »
Combien de fois ai-je entendu des histoires de femmes quittées pendant la maladie ?
Combien de fois ai-je vu le personnel soignant regarder mon dévoué mari comme un ovni ?

« C’est honteux de quitter sa femme dans les pires moments ! »

Ces témoignages m’ont fait réfléchir pendant les traitements.

Vous pourriez être surpris, mais je ne blâme pas les maris démissionnaires.

Lorsque j’ai dit « oui » à mon mari, je ne m’étais pas posé la question du pire que nous pourrions traverser.
J’ai dit « oui » par amour.
J’ai dit « oui » car je voulais partager ma vie avec lui. Point barre.

Le diagnostic de mon cancer des ovaires a été posé dans un contexte de bilan d’infertilité. Mon mari et moi étions dans la perspective heureuse d’agrandir notre famille lorsque le cancer nous a été annoncé.

Imaginez l’extrême violence de la situation. Une violence que nous n’aurions jamais pu envisager.

Comment affirmer qu’un couple DOIT résister à cette violence parce que les deux personnes se sont engagées « pour le meilleur et pour le pire » ?

Face à un tel cataclysme, chacun réagit comme il peut.

Est-il inconcevable qu’un mari soit submergé par la tristesse, la peur de la mort et de l’inconnu, au point de ne plus se sentir capable de tenir son rôle ?

Sa femme n’a pas le choix, elle fait face à la maladie.

Lui, se trouve à la croisée des chemins.

D’un côté, une route difficile qui mène on se sait où. Il y a des chances pour qu’il perde sa compagne en cours de route.
De l’autre côté, un nouveau départ avec de nouvelles perspectives.

Pour mon époux, l’évidence était de rester auprès de moi et m’apporter tout son soutien. Malgré son chagrin et ses peurs, il ne m’a pas quittée.

Pendant les traitements, qui m’ont rendue définitivement stérile, je me demandais s’il allait rester jusqu’au bout, tant son désir d’enfant était fort. Par « enfant », j’entends « enfant biologique ».
J’étais allée jusqu’à m’imaginer devoir refaire ma vie. « Existe-t-il des sites de rencontres de papas veufs dont je pourrais adopter les enfants?  » me demandais-je.

Une fois la rémission proclamée, j’ai continué à garder ces réflexions dans un coin de ma tête, jusqu’au début de nos démarches pour l’adoption.

Aujourd’hui, je peux dire que notre couple a survécu au cancer.

Avec 4 ans de retard, après avoir eu un aperçu du pire, je peux formuler clairement mon engagement envers mon mari : par le mariage, je m’engage à faire mon possible pour lui apporter mon amour au quotidien, même dans les plus grandes difficultés.

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